Promotion sociale et compétitivité des entreprises, deux enjeux à conjuguer dans le cadre de la prochaine négociation sur la formation (Alain Druelles, Medef)

Article du Quotidien de la Formation du 15 juillet 2013 – Reproduit avec l’aimable autorisation du Quotidien de la Formation

La première université d’été de l’Association française pour la réflexion et l’échange sur la formation (Afref) s’est penchée, le 9 juillet 2013, sur la professionnalisation des acteurs de la formation au regard des mutations actuelles. Comme l’a souligné Bernard Liétard, enseignant chercheur au sein du groupe d’étude Histoire de la formation des adultes (GHEFA), ces mutations, « à savoir l’évolution accélérée des connaissances techniques et scientifiques, ainsi que le développement d’une société de l’information et du numérique, ont des conséquences considérables sur les agents de la formation continue ».

« Le développement des personnes ne va pas toujours de pair avec les progrès techniques et cela entraîne un sentiment d’insécurité, renforcé par la mondialisation et ses conséquences sur l’emploi. En outre, la révolution numérique a bousculé les rapports aux savoirs et nous travaillons dans le cadre de réseaux apprenants qui amènent les formateurs à travailler en équipes et à changer de rôle (rôle de conseil, d’analyse des situations, de diagnostic et d’orientation, d’architecte de dispositif ou encore de facilitateur) », a considéré Bernard Liétard. Selon lui, au-delà d’une recherche de « professionnalisation », les agents éducatifs devront faire preuve de « professionnalisme » pour gagner et tenir leur place dans un jeu social de plus en plus complexe.

De son côté, Alain Druelles, directeur adjoint de la formation au Medef, est revenu sur la prochaine réforme de la formation en se plaçant du point de vue de la professionnalisation. « Il s’agit de revenir aux fondamentaux, à savoir la promotion sociale et la compétitivité des entreprises, présents depuis 1971. Les sociétés qui arrivent à conjuguer ces deux enjeux misent sur l’éducation, la formation… », a fait valoir Alain Druelles tout en indiquant que « la négociation qui s’annonce va se dérouler dans un cadre budgétaire contraignant ».

Il a également rappelé les évolutions récentes de la formation professionnelle : « Accroissement de la formation en interne au sein des entreprises ; diversité des modes d’apprentissage et accès croissant à la connaissance ; mesure du retour sur investissement dans les grandes entreprises ». Sur ce dernier point, Alain Druelles a souligné que « la formation échappait à ce type d’analyse mais qu’aujourd’hui, la pression est croissante et se tourne vers l’encadrement intermédiaire (n+1), assez démuni face à ce type de demande ».

À côté de cet enjeu autour de l’encadrement intermédiaire dans les entreprises (évaluation de la formation, prise en compte des parcours individuels), l’autre enjeu est celui de la professionnalisation de la gouvernance institutionnelle des politiques de formation qui appelle « à mieux définir et clarifier les responsabilités des principaux acteurs ».